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Tanger (en arabe طنجة, Tanja, en gréco-romain "Tinjis") est située au nord du
Maroc dans la région de Tanger-Tétouan . Chef-lieu de wilaya, peuplée de plus de
800.000 d'habitants, elle est la 5e ville du royaume, et sa principale porte sur
l'Europe. Les 14 kilomètres du détroit de Gibraltar séparent ici les deux
continents qu'Hercules,
dit
la mythologie, détacha l'un de l'autre. |
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ECONOMIE :
Deuxième pôle économique marocain après Casablanca, l'activité
industrielle de Tanger est diversifiée : industries textiles, chimiques,
mécaniques et métallurgiques. La ville dispose actuellement de quatre zones
industrielles dont deux ont un statut de zone franche (la
Tanger Free Zone et la Zone franche portuaire). L’infrastructure de
la ville du détroit est importante : un port gérant les flux de marchandises et
de voyageurs (plus d’un million de voyageurs par an) intégrant un port de
plaisance et un port de pêche.
Le chemin de fer relie la ville à Rabat, Casablanca et Marrakech
au sud ainsi qu’à Fès et Oujda à l’est.
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L’autoroute, opérationnelle depuis 2005, relie Tanger à Rabat, puis à
Casablanca, et au reste des grandes villes marocaines. L’Aéroport international
de Tanger - Ibn Battouta est situé à
Boukhalef, à 15 km au sud-ouest du centre de la ville, sa capacité
vient d'être augmentée à 1,5 millions de passagers par an. Des lignes de ferrys
régulières relient Tanger à Algeciras, Tarifa, Barcelone (Espagne), |
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Sète, Port-Vendres (France) et Gênes (Italie).
Station balnéaire importante, Tanger dispose d’infrastructures
hôtelières et touristiques variées,d'une vaste plage sur plus de 7 km, et
d’une médina (ville ancienne) où se développe le commerce artisanal
(maroquinerie, articles en bois et en argent, vêtements traditionnels et
chaussures…).
La ville est également en passe de devenir une plaque tournante du
trafic maritime commercial avec l'ouverture du port Tanger Med qui a pour
vocation de faciliter le commerce maritime.
Les années 2009-2012 seront particulières pour la ville du détroit
à cause de l’achèvement des grands projets en construction, en l’occurrence
le deuxième port Tanger Méditerranée et ses zones industrielles, un Stade
Ibn Batouta de 45 000 places, des centres d’affaires, des installations
touristiques, l’aménagement du centre ville ainsi que la construction de
nouvelles lignes autoroutières et ferroviaires.
Le tunnel sous la Méditerranée entre l'Espagne et Tanger est à
l'étude de faisabilité avec la coopération d’ingénieurs suisses, marocains
et espagnols. Le budget initialement prévu pour la construction de ce tunnel
oscille entre 4 et 5 milliards d'euros que devraient assumer l'Union
européenne, l'Espagne et le Maroc et probablement des organismes privés.
Ce qui fait du tunnel sous marin l'un des plus long et des plus
coûteux au monde.
L’agriculture dans la région de Tanger est tertiaire et
principalement céréalière.
HISTOIRE :
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Si
l'on se fie à la mythologie berbère et grecque, la ville de Tanger aurait été
fondée par le géant Antée, fils de Poséidon et de Gaïa et devrait son nom à
Tingis (ou Tinga), femme du fondateur. Antée trouvait sa force au
contact de la terre, Hercule l'étouffa en le maintenant en l'air. Le tombeau
d'Antée serait une colline proche de Tanger, le Charf. Malgré le fait que les
musulmans soient peu idôlatres sur de telles superstitions, |
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sa position géographique exceptionnelle, et stratégique, a fait
pendant longtemps de Tanger un lieu de convoitise où se sont succédées plusieurs
civilisations et cultures.
Après une présence phénicienne, dont il subsiste deux petites
nécropoles, la ville fut réellement fondée au IVe siècle avant J.-C., par les
Carthaginois qui en firent un comptoir (Tingi). En 146 avant J.-C., à la chute
de Carthage, la ville est rattachée à la Maurétanie et devient une colonie
romaine (Tingis)
liée à la province d'Espagne. Tanger prend une telle importance, qu'elle
devient, vers le IIIe siècle, la capitale de la Maurétanie Tingitane. Au
Ve siècle, Tanger est occupée par les Vandales. Libérée sous le règne de
Justinien, au début du VIe siècle, elle est rattachée à l'empire byzantin.
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Le
général Omeyyade Moussa Ibn Noussaïr s'intéresse à Tanger pour sa position
stratégique et c'est de là qu'en 711, commencera la conquête de l'Espagne par
les troupes de Tarik Ibn Ziad, à qui Gibraltar, entre autres, doit son nom
(Djebel Tarik la montagne de Tarik). Pendant les cinq siècles qui suivent, les
dynasties du Maroc, les Arabes d'Égypte, de Tunisie et d'Espagne se |
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disputent
la souveraineté de Tanger.
Les
Idrissides, maîtres de Volubilis, les Omeyyades d'Espagne, s'affrontent à son
sujet pendant plus d'un siècle.
Au milieu du Xe siècle, les Fatimides de Tunisie y étendent leur
autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu'en 1149, date à
laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s'inféode aux Hafsides de Tunis
avant de devenir mérinide en 1274.
Après trois tentatives les Portugais s'en emparent en 1471 et la
cèdent à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son
époux Charles II d'Angleterre. A l'époque où Tanger était encore une ville
portugaise, elle fût la capitale de l'Algarve d'Afrique, car n'oublions pas
qu'il y avait deux Algarves à l'époque, une en Europe et une autre en Afrique.
Dès 1679 Moulay Ismaïl (Empire Chérifien Alaouites) entreprend le siège de
Tanger qui lui est abandonnée en 1684, sur décision de Charles II estimant son
occupation par les troupes anglaises inutile et beaucoup trop coûteuse.
A la suite de l'aide apportée par le sultan Abd ar-Rahman ibn
Hicham à l'émir algérien Abd El-Kader, les Français lancent sur Tanger un raid
de représailles dirigé par le prince de Joinville qui bombarde la ville en 1844
et démantèle les fortifications.
Les rivalités européennes pour le contrôle de la ville, porte
entrouverte sur le Maroc, démarrent en cette fin de XIXe siècle. La France,
l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne multiplient les missions diplomatiques et
commerciales pour placer leurs pions mettant la ville au centre des rivalités
internationales. En 1880, la convention de Madrid tente de définir les relations
entre les grandes puissances au sujet du Maroc. Poussé par le chancelier Bulow
qui entend rappeler de façon, sensationnelle, que l'Allemagne ne se laissera pas
mettre à l'écart et que la France ne peut modifier l'état politique du Maroc
sans l'autorisation d'une nouvelle Conférence internationale, Guillaume Il
débarque le 31 mars 1905 du Yacht impérial Hohenzollern à Tanger pour quelques
heures et dénonce, après un entretien avec l'oncle du sultan, les visées
françaises et espagnoles sur le Maroc, ce qui provoque une crise diplomatique.
En 1906, la conférence d'Algésiras redéfinit les positions de chacun en Afrique
reconnaissant l'indépendance du sultan et affirmant l'égalité des signataires
dans le domaine économique.
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En
1923 les négociations aboutirent à en faire une zone internationale affranchie
de droits de douanes. Le 24 juillet 1925, le statut définitif de Tanger est
signé par le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, la Hollande, les États-Unis,
le Portugal, l’Union soviétique et la France, auxquels se joindra l’Italie un
peu plus tard. |
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La ville possède désormais son autonomie financière. On la dote
d'une administration internationale, en particulier d'une assemblée législative,
composée de trente fonctionnaires internationaux désignés par leurs
consuls respectifs et de neuf marocains. L'époque du "Statut international" est
celle du plus grand rayonnement international de Tanger, tant dans le domaine
culturel que dans celui des affaires, favorisé par les facilités offertes à la
contrebande, à l'espionnage et à la contrefaçon.
En juin 1940, après la défaite française, les troupes nationalistes
espagnoles occupent Tanger et permettent, en mars 1941, l'installation du
consulat allemand à la mendoubia (résidence du Mendoub) où flotte le drapeau
nazi.
En mars 1944, l'Espagne fait partir le consulat allemand de la
mendoubia avant de retirer, le 9 octobre 1945, ses troupes de Tanger qui
retrouvera son statut international. Entre 1939 et 1950, Tanger a vu sa
population tripler et atteindre plus de 150 000 habitants.
Le 10 avril 1947, le sultan Mohammed V, accompagné du prince
héritier Moulay Hassan (futur Hassan II), prononce à Tanger le premier discours
qui fait référence à un Maroc unifié et indépendant rattaché à la nation arabe.
En 1956, avec l'indépendance du Maroc, la conférence de Fedala (8
au 29 octobre) rend Tanger au Maroc. Une charte royale maintient la liberté de
change et de commerce jusqu’en 1960, année où le gouvernement marocain abolit
partiellement les avantages fiscaux de Tanger. Afin d'éviter une fuite
importante des capitaux, le port de Tanger est doté d'une zone franche.